Estelle POUCHELON  a rencontrée pour le site www.écologie-intérieure.com Martine Groult  graphiste de profession et accompagnatrice à la naissance.
C'est son propre vécu de la maternité qui l' a poussée à s'intéresser à la grossesse naturelle et à une vision humaniste de l'éducation.Par ailleurs, elle pratique le yoga dans l' intention d' intégrer la dimension corporelle dans sa vie et son travail d'accompagnatrice. Mère de 3 enfants, son vécu de la maternité à une période où  « la  possibilité" d' un  l'accouchement naturel n'était pas reconnu, l'a poussée à étudier la périnatalité selon la santé humaniste. À 60 ans, elle accompagne les futures mères pour une grossesse vécue en conscience et conseille les parents sur l'éducation.

Vous dites que l'écologie intérieure est, à vos  yeux, une évidence...

Ce qui se passe à l'extérieur est le reflet de ce que l'on vit à intérieur. L'écologie intérieure commence d'abord par le respect de soi, des autres, puis de l'environnement. Tout part du travail que chacun doit accomplir pour être en harmonie. Et souvent ce travail se fait autour de notre naissance et de la petite enfance. Quels ont été les vécus traumatisants, les grossesses difficiles, les actes intrusifs...

Qu'est ce qui vous a marquée lors de vos maternités ? 

Dès la naissance, le bébé vit des actes qui peuvent, selon moi, avoir un impact sur la violence manifestée plus tard par l'enfant. Nous avons la croyance que l'accouchement est forcément douloureux, que l'enfant doit pleurer pour se mettre à respirer, qu'il est important de le peser, etc... Là où, aujourd'hui encore, l'accouchement est centré sur la médicalisation, la peur, je souhaite aider la mère à respecter ses sensations, à écouter son enfant. Il est primordial d'identifier ses doutes, de travailler sur ses mémoires, surtout s'il y a eu des fausses-couches ou des avortements dans le passé.

Qu'est-ce que vous nourrit le plus dans votre approche ? 

Je m'intéresse beaucoup aux moments après la naissance : comprendre pourquoi le bébé pleure, pouvoir parler des difficultés. Avec un nourrisson, les choses sont simples, il suffit de lui nommer les traumatismes, les problèmes pour qu'il les transforme. Surtout, il m'importe de faire connaître le travail de Michel Odent dont je partage le credo : « Le jour où l'on accueillera la mère et l'enfant dans ce qu'ils sont, on éradiquera la violence de nos sociétés. »

Quels conseils pourriez-vous donner à une personne qui souhaite commencer ce travail intérieur ?

L'important est de se libérer de tout ce qui nous empêche de nous aimer nous-même. On peut partir de ses ressentis, de ses difficultés pour remonter aux origines. Apprendre à s'accepter, avoir conscience de son potentiel. Par la suite, l'on aperçoit que travailler sur soi est devenu une hygiène de vie, une vigilance à soi, qui s'applique dans la réalité quotidienne.
C'est dans cette énergie que ce que l'on produit peut soigner la Terre