L’autre jour, je me suis demandé pourquoi est-ce que je suis vivante. Le ciel était clair, le soleil brillait enfin, le printemps est arrivé, avec sa douceur, sa chaleur. Et je me demandais pourquoi j’étais là, ce jour-la, bien vivante. Malgré tout, malgré la tristesse, malgré mes peurs, malgré la perte de la joie de vivre, malgré ce désir profond de mourir.

Qu’est-ce qui sous-tend le fait que chaque seconde, malgré le désir de n’être plus, je suis ? Qu’est-ce qui sous-tend le fait qu’à chaque instant mon corps est l’expression vivante de ce que je suis alors que je ressens jusqu’au plus profond de moi le désir d’annihilation totale de toute expression de vie en moi ? Car malgré tout, malgré moi, JE SUIS.

Hier soir, un vieil ami m’a appellé, vous savez, un ami. Celui qui avec amour et tendresse vous met face à ce que vous êtes. Alors, malgré la tentation de couper toute conversation, j’ai discuté avec lui. Et je le remercie, car j’ai trouvé ma réponse. Je suis vivante à chaque instant, à chaque éternelle seconde simplement parce que la vie est en moi. Malgré mes peurs, mes doutes, mes haines, malgré tout ce que je déteste de moi, malgré tout ce noir, cette inconscience, la vie est plus forte que moi. Je ne suis pas toute puissante sur ma vie, elle l’est pour moi. Car quand elle est là malgré moi, c’est sa flamme qui brille, qui m’allume, m’éclaire de l’intérieur, même si je ne la vois pas. Tout ceci s’exprime dans la matière, dans ma matière. Mon corps ne me demande pas l’autorisation de vivre, il vit. Il EST malgré moi, avec ou sans ma coopération. Ma tête, ma pénible tête épuisée, avec son bavardage incessant, EST. Mon cœur, affamé et apeuré, EST. Je, malgré mes doutes et mes incapacités, EST. Alors, j’attends le moment béni où je vais rejoindre ce que je suis, afin d’ETRE enfin, et porter ma flamme vivante, brillante. Tout simplement, prendre enfin MA RESPONSABILITE DE VIVRE.

Carine Ayla

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