L’un des freins au désir est la peur de perdre. La peur est une idée.
Ecouter le corps vibrer à l'éveil sensoriel du désir efface ou au moins réduit les représentations du désir en superposant la voie du « sentir » à celles des voies conceptuelles. A l’endroit de nous-même où nous nous montrons en état de désir nous posons un acte de volonté qui consiste à éclairer le flux "tensionnel" du désir avant même de lui affecter un objet , une destination.Il s’ en suit alors la montée en puissance du désir, c’ est alors que la charge est telle que nous n’ avons pas d’ autre alternative que de fragmenter cette charge du désir et de la projeter en partie au niveau mental sous forme de pensées de désir et sur un objet de désir.
La proposition du Tantra consiste à rester en contact avec notre désir, à le sentir, à devenir ce mouvement qui anime le désir, les pensées du désir et la projection vers l’objet du désir sans se perdre, en facilitant le processus par l’ abandon au sentir et à ralentir jusqu’à faire l’ expérience du flux continu du mouvement du vivant en nous.
Dans la simplicité de l’émerveillement, dans la présence, à la joie de la rencontre, dans une recherche « naïve » sans but : juste pour la joie … et dans cette joie d’ " être sans but", de laisser la place à la beauté et à une jubilation naturelle.

« Dès lors que tu vois une chose et que tu désires non pas la prendre mais te donner à elle, dis-toi que cette chose est la Beauté » Khalil Gibran
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Quand je ne mets pas mon désir en avant alors s’ouvre devant moi l’espace de tous les possibles, le désir m’ apparaît alors comme un pressentiment, mon désir n’est alors qu’un prétexte à laisser aller ce qui vient là à l’ instant et à sentir. Il n’y a rien à fabriquer, rien à apprendre, rien à changer, il y a juste à se laisser faire, vivre une exploration sans carte et sans but. 
En son temps Schopenhauer nous proposait cette vision du « Monde comme représentation et comme volonté ». En réalité,nous sommes très attachés à nos perceptions du monde et à ce qui nous donne un sentiment de sécurité.
Le monde que nous percevons y compris la façon dont nous percevons notre corps, n’est que notre représentation et à ce titre, il est soumis aux formes de l’espace, du temps et de la causalité qui n’ existent que dans notre esprit « cartésien ». Le monde en soi, est volonté, comme nous le révèle l’ expérience immédiate de notre corps et l’ objectivation de cette volonté dans le monde de la représentation n’ entraîne que sentiments de perte, de séparation et de souffrance.
Au travers du désir, le sujet et l’objet se trouvent face à face : Invité à faire l’ expérience de la différence entre le concept du désir (l’ idée qu’ il s’ en fait) et le ressenti.
Dans la nature, l’appareil locomoteur de l’animal est sous contrôle du tronc cérébral, lui-même couplé à appareil locomoteur si bien que l’ animal agit directement sa pensée et satisfait ses besoins sans passer par le biais de la représentation (le désir).Il agit son désir sous forme d’ « image-acte ». L' image mentale de l’homme ne dépend plus de l’ instinct et chaque individu peut décider des images qui donneront à ses actes gouvernance et finalité.
Pour nous humains, notre sentiment de liberté s’appuie sur la volonté qui elle-même structure notre représentation du monde et sculpte notre désir…
L’ image mentale a rompu sa dépendance d’ avec le "réseau neuronal-moteur".
Avec sa capacité de « représentation » l’ humain marque sa différence en apprenant à dissocier son appareil locomoteur de la pensée par le truchement de la représentation.Avoir un besoin, "être agit" par ce besoin, avoir un besoin et se le représenter, lui trouver une forme, un moment, une intensité pré- sentie et adaptée à la satisfaction du besoin, voilà qui est typique d'un humain vivant. D'G