C’est l’un des livres "référence" pour appréhender le monde post-11 Septembre. Son auteur, la journaliste canadienne Naomi Klein, n’a eu de cesse depuis des années de dénoncer ce qu’elle appelle le "capitalisme du désastre", ou l’utilisation de toute catastrophe au profit de réformes radicales difficiles à mettre en place en temps normal. Le film tiré de cet ouvrage vient de sortir dans les salles de France, souhaitons-lui un franc succès.
Qu'y-a-t-il de commun entre le coup d'état de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique, le naufrage de l'épopée Solidarnösc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l'Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri-Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l'année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux - Abou Ghraib ou Guantanamo, aujourd'hui ?
Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement d'un « capitalisme du désastre. » Approfondissant la réflexion entamée avec son best-seller, No Logo (Actes Sud, 2001) Naomi Klein dénonce, ici, documents à l'appui, l'existence, depuis plus d'un demi-siècle, de stratégies concertées pour assurer la prise de contrôle de la planète par les multiples tenants d'un ultralibéralisme qui a systématiquement mis à contribution crises, désastres ou attentats terroristes - et qui n'a pas hésité, du Chili de Pinochet à Guantanamo - à recourir à la torture sous diverses formes pour substituer aux acquis des civilisations et aux valeurs de démocratie la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Rédigée dans une langue efficace, tonique, directe, traquant les zones d'ombre, identifiant responsables et bénéficiaires d'une marchandisation de la terreur dont les conditions peuvent, le cas échéant, se voir créées de toutes pièces, cette histoire secrète du libre marché souligne l'inquiétant avènement d'un « capitalisme du désastre ».Naomi Klein - éditions Actes Sud






