Extrait du film Alerte à Babylone de Jean Druon, Claude Bourguignon et Jean-Pierre Berlan, anciens chercheurs à l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique), évoquent les désastres écologiques consécutifs à l'intensification de l'agriculture en Europe.
"Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale. C’est à dire que nous essayons de maintenir vivantes des plantes qui ne demandent qu’à mourir tellement elles sont malades.
En 1950, on ne mettait pas un seul pesticide sur les blés en Europe. Il n’y avait pas un seul traitement fongique appliqué. Maintenant c’est au moins trois ou quatre, sinon le blé est pourri avant d’arriver dans le silo. Il y a donc une énorme différence... mais ça se voit pas parce que comme on a balancé des produits, on peut dire : “Tiens le blé il est bien.”
Sauf que, si il se casse la figure (parce que comme on met trop d’azote, il est trop grand et il tombe, vous avez du voir dans les champs les blés qui tombent), alors on met des hormones pour raccourcir les tiges, c’est pour ça que les blés sont bien plus bas qu’autrefois (autrefois les blés faisaient 1m50 maintenant ils font 60 cm parce que on les racourcis avec des hormones pour qu’ils ne versent pas).
Mais ce n’est pas tout : ces hormones font avorter les arbres qu’il y a autour... Ça fait disparaître toute la flore, c’est un espèce de monde complètement abérant, mais les gens ne le savent pas. Ils passent juste devant les champs en voyant des blés. Autrefois les champs étaient plein de coquelicot, et il y avait plein d’autres espèces : une biodiversité.
Biodiversité et vie du sol
Un pays comme la Hollande a déjà perdu 75% de toute sa flore. C’est aujourd’hui l’une des flores les plus pauvres de la planète, et c’est intensifié au niveau agricole de façon incoyable.
Nous n’avons pas été entendus, parce qu’avec Lydia on a quitté l’INRA. On s’est mis à notre compte puisque quand on a commencé à montrer que les sols mourraient biologiquement on nous a demandé de nous taire. On a quitté l’institut et on s’est mis à notre compte parce qu’on estimait que notre devoir de scientifiques c’était quand même d’alerter le monde agricole que la voie qui était choisie n’était pas la bonne et ne permettrait pas de faire une agriculture pérenne.
Il ne peut y avoir d’agriculture pérenne que si on est sur des sols vivants. Le sol abrite 80% de la biomasse vivante... On en a déjà tué 90%, c’est à dire qu’on est en train de tuer tout ce qui est à la source de la vie. C’est quand même les microbes qui nourrissent nos plantes, qui font que nos plantes sont saines, sont nutritives pour nous."
"Nous ne faisons plus de culture en Europe, nous gérons de la pathologie végétale. C’est à dire que nous essayons de maintenir vivantes des plantes qui ne demandent qu’à mourir tellement elles sont malades.
En 1950, on ne mettait pas un seul pesticide sur les blés en Europe. Il n’y avait pas un seul traitement fongique appliqué. Maintenant c’est au moins trois ou quatre, sinon le blé est pourri avant d’arriver dans le silo. Il y a donc une énorme différence... mais ça se voit pas parce que comme on a balancé des produits, on peut dire : “Tiens le blé il est bien.”
Sauf que, si il se casse la figure (parce que comme on met trop d’azote, il est trop grand et il tombe, vous avez du voir dans les champs les blés qui tombent), alors on met des hormones pour raccourcir les tiges, c’est pour ça que les blés sont bien plus bas qu’autrefois (autrefois les blés faisaient 1m50 maintenant ils font 60 cm parce que on les racourcis avec des hormones pour qu’ils ne versent pas).
Mais ce n’est pas tout : ces hormones font avorter les arbres qu’il y a autour... Ça fait disparaître toute la flore, c’est un espèce de monde complètement abérant, mais les gens ne le savent pas. Ils passent juste devant les champs en voyant des blés. Autrefois les champs étaient plein de coquelicot, et il y avait plein d’autres espèces : une biodiversité.
Biodiversité et vie du sol
Un pays comme la Hollande a déjà perdu 75% de toute sa flore. C’est aujourd’hui l’une des flores les plus pauvres de la planète, et c’est intensifié au niveau agricole de façon incoyable.
Nous n’avons pas été entendus, parce qu’avec Lydia on a quitté l’INRA. On s’est mis à notre compte puisque quand on a commencé à montrer que les sols mourraient biologiquement on nous a demandé de nous taire. On a quitté l’institut et on s’est mis à notre compte parce qu’on estimait que notre devoir de scientifiques c’était quand même d’alerter le monde agricole que la voie qui était choisie n’était pas la bonne et ne permettrait pas de faire une agriculture pérenne.
Il ne peut y avoir d’agriculture pérenne que si on est sur des sols vivants. Le sol abrite 80% de la biomasse vivante... On en a déjà tué 90%, c’est à dire qu’on est en train de tuer tout ce qui est à la source de la vie. C’est quand même les microbes qui nourrissent nos plantes, qui font que nos plantes sont saines, sont nutritives pour nous."






