Au moindre échange émotionnel, nos rencontres avec autrui provoquent un incroyable faisceau de réactions en cascades dans votre système nerveux central. Vous n’avez même pas idée de tout ce qui se passe dans vos neurones! Au moindre sourire échangé, même avec une personne anonyme, croisée sur notre chemin, quand nous tombons amoureux et que nous regardons l’être aimé dans les yeux ! On pourrait croire à vrai feu d’artifice! Quand nous affrontons quelqu’un, que nous sommes envahis par la colère, nous sommes également en résonance totale avec lui. En réalité, nous « attrapons » les émotions des autres comme on attraperait un virus, en positif comme en négatif. Sitôt que nous entrons en relation avec quelqu’un, des millions de nos neurones cherchent, littéralement, à « se brancher sur la même longueur d’onde » que ceux de d’autrui. De fait, notre fonctionnement euro-social n’est pas le même selon que nous trouvons notre interlocuteur sympathique ou non, intéressant, drôle, tonique, excitant, stupide, suspect, mou, rigide, dangereux, etc. Si quelqu’un nous agresse en hurlant, ce sont les mêmes zones dans nos deux cerveaux qui, en quelques secondes, sont activées. Les euro-psychiatres ont étudié beaucoup de relations de couples –de l’amour passion jusqu’aux pires scènes de ménage.
Observée sous le scanner de l’IRM, la « euro-anatomie d’un baiser » révèle que c’est la totalité des aires orbita-frontales des cortex préfrontaux (COF) des deux amoureux qui entre en résonnance. Quand on sait que le COF est une structure fondamentale du cerveau, qui assure la jonction entre les centres émotionnels et les centres pensants, et qu’elle relie, neurone par neurone, le néocortex au bulbe rachidien, on comprend mieux pourquoi la « mise en résonance » provoquée par un long baiser amoureux a des effets positifs profonds : baisse des taux de cortisol, indicateur du stress, et montée en flèche des anticorps, gardiens du système immunitaire. On constate d’ailleurs des effets aussi positifs quand les amants se regardent simplement les yeux dans les yeux, sans s’embrasser. À l’inverse, une dispute conjugale, si elle met les cerveaux des protagonistes également « en phase », a des effets négatifs tout aussi mesurables : la fonction cardiovasculaire entre en souffrance et les taux immunitaires baissent. Et si les disputes se répètent pendant des années, les dommages deviennent cumulatifs.
Comment nos neurones « attrapent » les émotions des autres

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