Notre corps exprime ses déséquilibres de façon symbolique. Nos maux sont des « mots » et la maladie parle de ce que nous nous avons du « mal-à-dire ». Notre santé dépend de tant de facteurs ! Comment s’y retrouver ? Qu'en est-il de la dimension psychosomatique ? Peut-on envisager que le sens symbolique de nos maladies ait du sens ? Y-a-t-il un « langage » des maladies ?
L’origine de l’intelligence symbolique de notre corps est à chercher dans la façon dont nos organes se sont construits au niveau embryologique, à partir de trois types de tissus différents. Les trois feuillets embryonnaires :
l'ectoderme à l’origine du système nerveux central et périphérique, des organes externes, des muqueuses, il donne naissance à l'épiderme de la peau, à la cornée des yeux, à l'émail des dents, au rectum.
L'endoderme de son côté construit les organes internes comme les glandes digestives et l'épithélium qui tapisse le tube digestif, les voies respiratoires, les intestins, les poumons, le foie.
Du mésoderme dérivent les cellules qui forment en tout ou partie les organes internes à l'exception du système nerveux provenant de l'ectoderme et des organes du système digestif issus de l'endoderme.Il donne naissance: à la chorde, aux somites qui à leur tour donnent naissance aux vertèbres, aux muscles striés du dos et des membres et au derme, au système vasculaire, aux cellules sanguines, aux reins, aux gonades, aux organes reproducteurs, aux os, au cartilage, à l’exception de certains os du crâne qui dérivent des cellules de la crête neurale.
Cette vision de notre biologie primitive et de ses déséquilibres est d’une richesse insoupçonnée. C’est comme si toutes les informations nécessaires à la construction de notre corps pouvaient aussi être sollicitées pour sa guérison.
Dans une démarche d’écologie intérieure, notre intention sera de chercher à réunifier les différentes parties d’un corps complètement « morcelé ». Il est saisissant de voir comment les maladies répondent à une logique où le propre et le figuré se rejoignent : une « atmosphère étouffante », « un plein de dos » ou encore « un ras le bol » …exemples de la vie courante, prennent un sens tout particulier et atteignent symboliquement, les mêmes zones du corps ou organes que ce soit au niveau chimique ou au niveau psychologique.
Notre société a developpé une conception matérielle et cartésienne du corps. Bien-sûr, notre corps possède un niveau de fonctionnement très mécanique, avec ses organes, ses articulations, sa « pompe », ses tuyauteries. Notre médecine moderne occidentale a d’ailleurs conquis ses lettres de noblesse dans ce domaine, en développant des outils techniques aux performances admirables.
En réalité, notre corps et ses maladies ne fonctionnent pas seulement à ce niveau. L’importance des facteurs émotionnel et psychologique est aujourd’hui parfaitement admise. Parler d’un lien entre la maladie et un vécu psychologique ou d’une difficulté dans la vie, est monnaie courante. Aborder l’homme dans sa globalité est une idée tout aussi largement partagée. Mais approcher au plus près le « lien difficulté-maladie », rechercher une compréhension point par point pour remonter à la cause… voilà une démarche plus délicate. Trop souvent,l’approche symbolique est déconnectée des nécessités techniques et physiologiques quand bien-même le sujet a connaissance de tous les paramètres de son histoire, il n’en n’est pas pour autant guéri. La guérison sera effective dès le moment où la connexion entre les différents systèmes physiologique, intellectuel, émotionnel et symbolique permettra la décharge physiologique réparatrice préalable à la normalisation des systèmes.
N’importe quel problème « existentiel »ne donne pas n’importe quelle maladie. Les médecines traditionnelles chinoises, védiques ou hermétiques l’avaient bien compris, en proposant une grille de lecture précise, mettant en lien symbolique et énergétique : le cœur et l’amour, le foie et la colère, le rein et la peur. Notre corps est comme un livre dont les phrases, tout en restant toujours les mêmes, changeraient, non pas de sens, mais de profondeur de signification dès lors que nous sommes capables de les accueillir.
Notre corps nous parle-t-il de façon symbolique ? La vie nous parle de nombreuses manières par des symptômes et par des symboles. Avec une merveilleuse subtilité, dès la conception, elle nous fait repasser par tous les stades de l’évolution des espèces tout au long de la gestation. De l’œuf fécondé jusqu’au nouveau-né, nous revisitons toute l’évolution de la vie. Bien sûr, nous nous construisons à partir de chromosomes humains même si nous sommes issus d’un tronc commun, partageant 26 % de nos chromosomes avec les simples filaires -parasites longs- et 90 % avec le rat. Même si la vie présente un tronc commun, l’humain suit une voie de développement qui lui est propre et tente d’accomplir le plus complètement possible son patrimoine génétique. Annick de Souzenelle, auteur du « Symbolisme du corps humain », résume à sa façon sa vision de l’ADN .Elle écrit, « c’est Adonaï -"le Seigneur" en hébreu- qui vient s’incarner pour tenter de se réaliser ». C’est une vision mystique qui correspond symboliquement à une réalité génétique. D’une certaine façon, c’est comme si l’humain avec son patrimoine génétique venait sur Terre pour le « travailler et le réaliser » dans toute son humanité. C’est "sous une tunique de peau", c’est-à-dire caché à lui-même, ne voyant pas ce qu’il est au fond de lui qu’il fait l’expérience de l’incarnation.
Si nous admettons que notre corps a une dimension symbolique et que les maladies sont un langage. En quoi cela nous avance-t-il de connaître le symbole représenté par la maladie de l’organe affecté ?
La véritable question à se poser est plutôt: « si je connais le sens de ma maladie est-ce que je vais guérir ? L’expérience évidemment montre que la réalité est plus complexe. Poser le problème de la connaissance symbolique est une chose, mais cette information ne deviendra « efficace » que si elle est à la mesure de notre capacité à la recevoir sur les différents plans de nous-mêmes.
La particularité de l’expérience de la vie humaine est de faire vivre, d’ «animer » la connaissance, l’information dans la matière. S’incarner, consiste à entrer dans la connaissance et dans l’expérience: notre évolution en tant qu’humain passe par l’expérience de la vie, les rencontres, les situations nouvelles dans la matière concrète.
L’intérêt des symboles, résident essentiellement dans le fait qu’ils parlent à tous les niveaux de l’être ou de la conscience. Se pencher sur le symbolisme du corps humain, ouvre à une autre dimension de l’aide thérapeutique. Mais attention, trop générale, cette connaissance n’est pas efficace ; trop précise, elle sera « enfermante et limitante » donc inadaptée.
Un exemple concret :
Nous répondons aux sollicitations de la vie par le mouvement,chaque organe a une fonction et une capacité de mouvement qui lui est propre. Les problèmes de foie sont très souvent en lien avec la famille. Le foie est un organe extrêmement important, plus encore que le rein, il intervient dans pratiquement tous les métabolismes. Il constitue notre usine à énergie, nous permet de gérer notre vie matérielle et quotidienne. Dans une lecture symbolique, Il représentera notre "économie", ce qui implique aussi le lien à l’environnement et à la famille. Par extension, il symbolisera aussi la maison, la relation à l’argent, à la nourriture et la façon dont nous survivons concrètement. Bien-sûr ce cadre général va être personnalisé pour chacun d’ entre nous. C’est comme « paroles et musique » : la musique est la même pour tous - le foie est l’organe de notre économie - mais les paroles diffèrent pour chacun, selon notre histoire et notre bagage génétique.
Notre économie peut souffrir de mille maux différents : problèmes d’approvisionnement, mauvaise gestion, direction déficiente, distribution anarchique... La notion de famille ne signifie pas la même chose à 2 ans à 20 ans ou à 50 ! En abordant le sens symbolique sous cet angle, on peut faire émerger à la conscience, au niveau où nous pouvons le recevoir, les systèmes de croyances et les différents types de difficultés que nous avons rencontrées.
Au fond, comment le vécu s’inscrit-il symboliquement dans le corps ? Nous vivons dans une double dimension. D’un côté, à la naissance, notre corps dispose de toutes fonctions fondamentales pour assurer sa survie et de l’autre, il est en totale dépendance de son environnement.
L’enfant sait –il de façon innée, que c’est de l’association de son instinct et des soins prodigués que dépendent sa survie et son avenir ? Entre ces deux pôles antagonistes – le besoin de survie animale et la connaissance de l’amour, il va créer des ponts vers le futur, faire ses apprentissages.
L’enfant va construire son interprétation du monde à partir de sa capacité physique et de sa connaissance innée de l’amour .Ses apprentissages vont progressivement "s’inscrire" dans son corps. Par contre, toute information dépend de son contexte , aussi un apprentissage « traumatique » de la petite enfance aura-t-il un impact durable s’il n’ est pas réajusté dans l’ «ici et maintenant » au sens de réel et d’efficace dans le présent . Avoir peur de sortir dans la rue seul sans sa maman à un an ou deux, est plutôt logique, à 20 ans, çà l’est beaucoup moins !
La découverte fine des mécanismes physiologiques de l’« inscription cellulaire» sera certainement l’un des grands chantiers scientifiques des décennies à venir. Mais nous savons déjà que nous utilisons systématiquement notre corps comme espace et lieu de « charge et de stockage », quand nous n’arrivons pas à dépasser et à vivre pleinement un événement. Nos organes nous servent d’amortisseur ou d’ «air bag » .Pour des raisons symboliques, nous engageons,alors notre estomac comme lieu du conflit quand nous avons du mal à avaler une situation ou bien quand nous avons une difficulté à “digérer” quelque chose.
Le sein pourra symboliquement représenter le lieu d’un conflit de « nid » ou de foyer ou une difficulté à “nourrir” ou "à être nourri" tant au sens propre qu’au au sens figuré.
Tout se passe comme si les événements inaccomplis restaient mémorisés dans notre corps, inscrits dans nos organes et dans des lieux précis.
Les nerfs sont comme le système électrique du corps.Si nos circuits sont surchargés par trop de tensions dans la vie,l' organisme va s' en trouvé affecté.Cette tension peut provenir par exemple d' inquiétudes face à l' avenir ou de la peur de ne pas voir nos projets se réaliser...Les nerfs sont à la base de la communication à la fois physique,mécanique autant qu'émotionnelle.Si nous avons les "nerfs à vifs" ,"en pelote" ou "à fleur de peau" sans cause matérielle réelle,juste parce que nous nous sentons agressé dans la vie dès lors que nous voulons avancer et évoluer.Alors cette hyper-sensibilité du système nerveux constitue une protection inadaptée et nous desservira! Dans ce cas,il s'agira de rechercher quelles fausses protections nous rendent malades.Une forme de conscience organique nous propose ainsi un jeu de piste vers nous-mêmes. Nos secrets sont cachés dans notre corps.
Récemment les biologistes ont découvert qu’un virus de la famille de l’herpès secrétait une substance agissant dans le cerveau en diminuant la sensation de souffrance morale. De même, en proposant symboliquement que la sécrétion d’insuline est en rapport avec les problèmes touchant la paternité et la masculinité : des chercheurs ont mis en lumière que le gène de l’insuline intervenait aussi dans la différentiation sexuelle masculine, en coopération avec le chromosome Y.
« Qui parle quand je suis malade ? » Quand nous guérissons, « Qui guérit ? », « Qui guérit qui ? », « Est-ce notre part animale qui cherche à survivre coûte que coûte? » « Est-ce notre histoire personnelle et notre héritage transgénérationnel qui s’exprime? » « Est-ce notre Etre profond, qui nous adresse un message au travers de ces symptômes et nous propose une initiation ? Autant de questions qui sont à solutionner par nous-mêmes.
Peut-être sommes-nous simplement malades de ne pas être ce que nous sommes vraiment et ne pas nous accomplir totalement .Notre corps n’est rien d’ autre que nous-mêmes et probablement qu’à travers lui nous ne supportons qu’un temps d’être séparé de nous-mêmes .
"Vous ne guérirez pas de vos maladies, disait Jung, ce sont vos maladies qui vous guériront.". C’est comme si au plus profond de notre inconscient, à un endroit de nous-mêmes, nous avions l’information de ce que nous sommes réellement et quand nous nous en éloignons trop, cette partie de nous, nous rappelle à tous nos possibles en nous faisant « tomber malade ».






