Fréquemment mes patients se questionnent : Comment savoir si j’ ai du désir ? Comment reconnaître mon désir ? Suis-je en contact avec moi quand je désire ? Qui désire en moi ?
Quand ces questions se posent, dans la majorité des cas : Le désir n’est pas senti , il est « dévié », refoulé, nié. Ne pas être en contact, ne pas « visiter » ses vrais désirs est une façon évidente de ne pas avoir de désir, de ne pas le sentir et de ne pas être en relation avec l’espace en nous où naît le désir.
Au de là de la négation ou du refoulement, une autre façon de ne pas « reconnaître » ou de ne pas être en contact avec son désir, consiste à le projeter sur un objet de désir : l’ être aimé, un bien de consommation,une idée…
Lorsque nous entrons en relation avec quelqu’un avec la charge du désir, nous nouons un lien relationnel spécifique dans lequel le sujet du désir est alors « créer » de facto comme objet de désir, en retour le « sujet » du désir reste avec son propre désir et avec l’ intensité de son devenir .
Une troisième voie consiste à ni refouler , ni projeter son désir sur un objet de désir mais de le sentir, de rester au contact de son désir et non de s’ en éloigner à la rencontre de l’ « objet » de désir.
Apprendre à « sentir » dans une relation intime de soi à soi en faisant autant que possible la place à l’autre. Prendre la responsabilité de son propre désir, « le tenir » (au sens de « contention»).Peut-être s’agit-il plus simplement d’être avec son désir sans rechercher l’étape suivante, sans but précis …si ce n’ est de s’ouvrir à l’ espace du désir. Réaliser que l’espace du désir n’est pas linéaire, qu’ il ne part pas d’ un endroit pour arriver à un autre, qu’il n’ existe pas dans le temps et il ne commence pas maintenant pour se terminer dans « une petite mort humide et spasmodique » : qu’ il est lui-même espace multi-dimensionnel intense , fluctuant et continu.
"Désir quand tu nous tiens…"
Le chemin de sentir notre désir passe par le « tenir » : la contention , c'est-à-dire apprendre à sentir notre désir en restant en contact avec soi.Dans cette expérience,le sujet ne perd pas contact avec sa conscience d’ être en temps que sujet ni comme sujet en état de désir . Suivre notre désir,sans se laisser ni emporter ni envahir par les pensées, les sensations, les émotions parasites,ni même par les phénomènes d’élastiques qui nous tirent irrésistiblement vers le passé pour nous projeter violemment dans un futur incertain et souvent senti comme « négatif » .
Où et quand commence mon désir ? Comment se transforme-t-il pour finalement me quitter ? Que reste –t-il du désir après le désir…Autant de questions qui restent posées à chaque fois que je me trouve « désirant ».
A en croire Jean Jacques Rousseau « nos premiers maîtres de philosophie sont nos pieds, nos mains ,nos yeux. » Qu’en est-il alors de notre désir ?Est-il le Maître de nous-même ou pouvons nous espérer le maîtriser un tant soi peu ?
C’est seulement dans le présent que nous avons le pouvoir de changer; aussi si nous tentons d’observer notre désir pour en comprendre sa nature, son fonctionnement ses fluctuations, nous devons nous ouvrir « au présent » du désir.
Notre attention à la sensation –la présence au désir- n’ est possible que sous forme de « re-sentis corporels ».Il s’ agit de représentations de nos sensations sans cesse comparées à d’ autres et enrichies par elles et maintenues isolées du chaos sensoriel qui nous agite, par une attention dirigée à l’ endroit de la perception sensorielle dans le corps.
C’est à cet endroit-là du corps, que nous pouvons rencontrer la réalité essentielle de ce que nous sommes en présence du désir (sexuel ou autre). Ce ressenti élaboré à partir de la perception du corps vivant nous communique l'expérience indirecte de nous-même en temps qu’être « vivant désirant » grâce à la tension sensorielle entre notre désir et la pensée du désir.
Le sens commun associe la représentation du désir à un élan.Sa forme symbolique suggère l’ idée de contempler une étoile … de décrocher la lune…d’ où l’ idée que le désir ne peut jamais être satisfait ni comblé.Désirer, c’ est comme contempler une étoile …lointaine et inaccessible.
D'G
et pour en savoir sur :
- Qu'est ce que le tantra ?
- Apprendre l'histoire du tantra !






